Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe, Paris, Seuil, 1990.
«Qu'est-ce que la complexité ? À première vue, c'est un phénomène quantitatif, l'extrême quantité d'interactions et d'interférences entre un très grand nombre d'unités. [...] elle comprend aussi des incertitudes, des indéterminations, des phénomènes aléatoires. La complexité dans un sens a toujours affaire avec le hasard. [...] Mais la complexité ne se réduit pas à l'incertitude, c'est l'incertitude au sein de systèmes richement organisés. Elle concerne des systèmes semi-aléatoires dont l'ordre est inséparable des aléas qui les concernent. La complexité est donc liée à un certain mélange d'ordre et de désordre, mélange intime, à la différence de l'ordre/désordre statistique, où l'ordre (pauvre et statistique) règne au niveau des grandes populations et le désordre (pauvre, parce que pure indétermination) règne au niveau des unités élémentaires» p. 48-49.
«Autrement dit, le désordre et l'ordre s'accroissent l'un l'autre au sein d'une organisation qui s'est complexifiée.» p. 85.
«De même, il ne faut pas confondre complexité et complication. La complication qui est l'enchevêtrement extrême des inter-rétroactions, est un aspect, un des éléments de la complexité. [...]. La complication est un des constituants de la complexité.» p. 93.
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